29/10/2026

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André Laucher est né à Thann, dans le Haut-Rhin, en 1952. Au milieu des années 1960, la fermeture des usines textiles vosgiennes conduit son père, ingénieur, à rejoindre Paris avec sa famille. Pour André, alors âgé de 13 ans, ce départ est vécu à contrecœur. Lui qui aime la randonnée et les grands espaces doit apprivoiser la vie parisienne.

Après son baccalauréat, il s’inscrit en médecine en 1971. Il avait un temps envisagé de devenir instituteur, mais la médecine s’impose rapidement comme une évidence. Dès 1975, il multiplie les gardes avec ses camarades de faculté. À l’hôpital de Garches, il est confronté aux accidentés, notamment aux enfants. Cette médecine de terrain, active et concrète, confirme sa vocation.

À la fin de ses études, il effectue son stage de faisant fonction d’interne au service de pédiatrie de l’hôpital de Dourdan, auprès du docteur Lanza, « un homme fiable et disponible » dont il gardera le souvenir. À cette époque, les gardes font partie intégrante de la formation des futurs médecins. Elles permettent de mettre en pratique les connaissances et surtout d’apprendre à prendre des décisions : « C’est toi le médecin, c’est à toi de prendre les décisions. » Auprès du docteur Lanza, André bénéficie d’un soutien sans faille.

Du médecin généraliste à l’homme d’urgence
Après cette année à Dourdan, le jeune médecin rejoint les marins-pompiers de Marseille pour son service militaire. Il y vivra notamment une intervention en Italie à la suite d’un tremblement de terre. Une expérience hors du commun qui le marquera durablement et influencera la suite de sa carrière.

De retour à Dourdan, il retrouve le service de pédiatrie et le docteur Lanza. Il y rencontre aussi Blandine Vandenberghe, interne en médecine, en stage au service de rhumatologie. C’est en février 1981. Les deux jeunes médecins se découvrent des affinités et ne se quitteront plus.

À l’issue de leurs stages, en octobre 1981, ils commencent leur carrière de médecins généralistes par des remplacements à Étampes et Dourdan. Leur projet est alors de s’installer dans les Vosges. Mais leur souhait se heurte à une certaine réticence : on leur fait comprendre que les places sont réservées aux étudiants de Nancy. André, Vosgien dans l’âme, en est blessé.

Le couple choisit finalement Saint-Arnoult-en-Yvelines. Installés rue des Amorteaux à la fin de 1981, ils se marient le 17 avril 1982. André pose sa plaque de médecin généraliste en 1984, Blandine en 1987. La même année, ils acquièrent leur maison familiale à la double adresse, 1 rue de l’Ouïe pour le foyer et 17 rue des Moussettes pour le cabinet médical. La famille s’agrandit avec l’arrivée de Ravi et Nalini en 1988, puis de Marc en 1991, trois enfants adoptés par le couple.

À la fin des années 1980, le docteur Briard quitte ses fonctions de médecin au centre de secours et d’intervention des pompiers de Saint-Arnoult. Fort de son expérience chez les marins-pompiers de Marseille, André Laucher lui succède. Ses gardes s’ajoutent alors aux consultations et aux appels d’urgence, parfois même lorsqu’il est en consultation. Blandine assure au pied levé le remplacement de son mari. Cette carrière chez les hommes du feu, commencée comme capitaine, s’achèvera une trentaine d’années plus tard au grade de colonel.

Toujours plus près des victimes
Homme d’action, André Laucher ressent le besoin d’aller plus loin dans la prise en charge des urgences. En 1995, il reprend donc ses études à Paris et obtient la capacité de médecine d’urgence. Il devient alors médecin urgentiste à l’hôpital de Rambouillet, fonction qu’il exercera pendant quinze ans, jusqu’en 2010.

À 58 ans, il n’abandonne pourtant pas ses consultations au cabinet ni ses gardes chez les pompiers. Médecin généraliste, urgentiste et médecin sapeur-pompier, il reste animé par la même volonté d’être utile. « Les gens âgés ou qui ne peuvent pas se déplacer, il faut se rendre à leur domicile. Il y a un appel, je me déplace », disait-il.

Avec Blandine, le projet était de prendre leur retraite ensemble en janvier 2021. Mais la fin de l’année 2019 bouleverse leurs projets. Une maladie inconnue commence à se répandre dans le monde. « On a peur. On ne sait pas ce qui arrive, mais c’est grave », se souvient Blandine Laucher.

Fidèle à sa volonté d’aider les autres, André est en première ligne lorsque survient la pandémie de Covid-19. Il est contaminé en octobre 2020. Après un mois passé en réanimation, il décède le 20 décembre, à quelques jours seulement de la retraite qu’il aurait tant méritée.

Une vie consacrée aux autres et qui se poursuit aujourd’hui, en donnant son nom à la maison médicale, inaugurée début novembre en présence de son épouse, ses enfants et petits-enfants.