24/10/2026

L’immense domaine des chasses royales englobait la forêt de Rambouillet et de Dourdan. Les grands animaux et le petit gibier étaient présents en abondance et bénéficiaient de toute l’attention des garderies dans l’unique but d’offrir aux rois et seigneurs le plus beau des terrains de jeu, toujours au détriment des paysans et parfois de la forêt.
Le morcellement du territoire forestier, en quelques siècles seulement et l’accélération de l’urbanisation ont réduit considérablement la diversité des animaux.
Le sanglier, les cervidés (chevreuils, cerfs et biches) fréquentent toujours nos massifs forestiers proches.
Les cervidés, par leur allure et leurs bois saisonniers repoussant chaque année, encore plus beaux, ont nourri les légendes de tous les peuples qui les ont côtoyés. Mais si parmi eux le chevreuil est empreint de délicatesse et de douceur, le cerf force l’admiration par sa prestance et la magnificence de sa ramure.
Sa majesté le cerf
Cervus elaphus était un gibier de choix pour les premiers chasseurs dont on découvre les représentations rupestres dans les grottes.
Le cerf fut un symbole profane, religieux ou royal à travers le temps et il est encore aujourd’hui, pour nous, le roi de nos forêts immortalisé dans les contes et légendes.
C’est le plus grand mammifère sauvage des forêts françaises avec jusqu’à 1m50 au garrot et 200 kg. Ses bois tombent chaque année et repoussent. Les biches, plus petites, mesurent jusqu’à 1m30 au garrot pour 100 kg. Le rut a lieu de mi-septembre à mi-octobre dans notre région : un moment magique, une fois la nuit tombée en forêt en restant prudent, sans jamais chercher à l’approcher.
Le chevreuil
Capreolus capreolus, est le plus petit des cervidés : 1,20 m de long, pour une hauteur au garrot de 65 cm et seulement 24 kg en moyenne pour le mâle. C’est un solitaire. Il peut vivre entre 7 et 10 ans.
Il arbore un pelage d’été brun-roux à miroir jaunâtre. À miroir, désigne les fesses de l’animal. En hiver, il est plutôt brun gris à miroir blanc. Chez la femelle, le miroir prend la forme d’un cœur et chez le mâle, celle de deux haricots. Seuls les mâles portent des bois, composés d'au maximum trois andouillers chacun. C'est en hiver que ces deux protubérances osseuses poussent. Le calcium de l'os est apporté par des vaisseaux sanguins protégés par une peau de velours. La perte du velours s’opère au printemps quand les bois sont entièrement solidifiés. Ils peuvent atteindre 25 cm de long ! Leur chute se fait en octobre et novembre.
Le rut a lieu entre mi-juillet et mi-août. Le développement de l'ovule fécondé s'arrête une quinzaine de jours après la fécondation et reste bloqué jusqu'en décembre : l'implantation de l'embryon est dite différée. Après 150 jours de gestation les petits naissent, de mai à juin.
Le gracieux chevreuil est appelé chevrette pour la femelle, brocard pour le mâle, faon jusqu’à 6 mois et chevrillard de 6 mois à 1 an.
Le sanglier
Mammifères courts sur pattes, au noir pelage épais et hirsute, une tête triangulaire, un long museau à large groin, une queue nommée vrille : pas de doute, une compagnie de sangliers est en train de déjeuner.
Le mâle est solitaire, les femelles accompagnées des jeunes forment une compagnie menée par une laie dominante. Omnivores, tous parcourent la forêt, dès le crépuscule, à la recherche de nourriture : glands, faines, châtaignes, champignons, céréales... Ils ne dédaignent pas à l'occasion des souris, un oiseau blessé, voire des vers de terre ainsi que des charognes. Puis, ils se reposent dans une bauge, un creux dans le sol.
La période de rut dure de mi-novembre à mi-janvier, mais les copulations peuvent avoir lieu de septembre à mars. Trois mois, trois semaines et trois jours plus tard, les femelles mettent bas de trois à dix petits, les marcassins. Ils arborent un pyjama beige à rayures brunes. Quand ils perdent leurs rayures, on les appelle "bêtes rousses".
Le blaireau
De 60 à 90 cm on dirait un petit ours au faciès noir et blanc. On peut l’apercevoir au crépuscule quand il sort de son terrier principal ou parfois secondaire composé de nombreuses chambres reliées par des galeries abritant l’ensemble du clan.
Le renard
Des oreilles pointues, une robe rousse automnale, des pattes couleur suie, et toujours cette touffe blanche qui termine la queue… Un des derniers grands prédateurs d’Île-de France : Vulpes vulpes.
Le logis bien aménagé comporte une galerie principale, dont l’entrée est souvent camouflée, et est équipé d’une cavité de vie et d’une cheminée d’aération ainsi que d’une sortie de secours.
Au menu : 6 000 rongeurs à l’année, quelques oiseaux ou mammifères imprudents ou vieux, des insectes, grenouilles, poissons ou fruits.
En France quelques prédateurs comme le loup, le lynx, l’aigle royal ou le hibou grand-duc sont suffisamment puissants pour capturer le plus souvent les jeunes. L’homme est dans tous les cas le principal prédateur.
Le renard peut s’adapter à la vie citadine, s’attaquant souvent aux rats se nourrissant dans les déchets laissés par l’homme.
Le rôle du renard est important dans la régulation des rongeurs, de la souris au rat :
- en réduisant les risques de pullulation dans les milieux de culture
- en intervenant dans la lutte contre la maladie de Lyme, réduisant le nombre des rongeurs contaminés.
Chouettes et hiboux
On ne la voit que très rarement, on l’entend parfois, elle se déplace en silence dans l’obscurité de la nuit. Sa silhouette semble fantomatique. « Elle apporte le malheur et la mort à qui a pu l’entendre ou l’apercevoir. Elle est la compagne des sorcières et du diable », disait-on de la chouette mais aussi du hibou.
La réhabilitation des rapaces nocturnes a été un véritable combat. Accusés de tous les maux, la présence aujourd’hui des chouettes et hiboux peut signifier le retour d’une certaine sagesse. Sagesse représentée par la petite chouette chevêche de la déesse Athéna chez les Grecs anciens.
Les chouettes et hiboux font partie des derniers prédateurs de nos forêts et espaces verts urbains. La chouette hulotte est présente jusque dans les bois et les jardins verts de Paris et de ses alentours. Elle se nourrit principalement de micromammifères comme les mulots et oiseaux malades ou vieux, faciles à capturer.
Plus timides sont le hibou moyen duc, le hibou des marais, la chouette effraie et la petite chouette chevêche. On les observe au-delà de la ville, dans les campagnes boisées de la périphérie parisienne.
Tous les rapaces nocturnes et diurnes sont intégralement protégés en France.
Comme un cadeau
Pour observer la faune en forêt, le plus important est de rester discret et de ne pas déranger les animaux :
- Allez-y tôt le matin ou en fin de journée, et avancez lentement.
- Restez sur les sentiers, faites peu de bruit et portez des vêtements discrets.
- Prenez des jumelles et observez à distance ; évitez le flash.
- Ne nourrissez pas les animaux et ne vous approchez pas des petits ou des nids.
- Écoutez les chants et repérez les traces : on peut apprendre beaucoup sans forcément voir les animaux.
- Emportez vos déchets et vérifiez les règles locales, surtout dans les espaces protégés.
Une sortie avec un guide naturaliste peut aider à repérer les espèces sans perturber leur habitat.