25/09/2026

Arbre.jpg
Dès mai 2026 et durant tout l’été, de très nombreux arrêtés préfectoraux n’ont eu de cesse de nous alerter sur les canicules, sécheresses, restrictions d’eau, orages violents, risques d’incendie, épisodes de pollution atmosphérique et mais aussi biologique des plans d’eau, et ce tout autant dans les Yvelines que sur l’ensemble du territoire national ! L’aurions-nous déjà oublié ?

L’été 2026 a été marqué par des records de chaleur, avec un mois de juin le plus chaud jamais enregistré, des vagues de chaleur précoces et intenses, une sécheresse généralisée, un déficit de pluie, des sols asséchés, des restrictions d’eau, des impacts majeurs sur l’agriculture, un nombre d’incendies jusqu’alors jamais atteint, une surmortalité humaine et des impacts sur la vie sauvage difficilement mesurable mais avérés. Et le phénomène est appelé à persister, voire à s’intensifier à l’avenir.

Nous avons tous eu très chaud !
La flore accuse le coup, elle aussi, face aux sécheresses, aux hivers trop doux, aux pluies diluviennes, aux pollutions et à l’augmentation des attaques de parasites : quelles espèces résisteront et feront nos paysages d’ici 30 ans ? Vos élus se posent la question.
Les essences franciliennes sont en régression réelle et préoccupante. Frêne, chêne pédonculé, épicéa et châtaignier sont particulièrement touchés par la sécheresse, les scolytes et d’autres bioagresseurs. Le frêne est affecté à 26 %, le châtaignier à 21 % décimé par l’encre du châtaignier, une maladie favorisée par les sécheresses successives, puis l’épicéa à 11 % et le chêne pédonculé à 10 %.

« Plantez des espèces indigènes », nous dit-on !
Une petite définition s’impose : « Une plante est dénommée indigène si elle était déjà présente en France et en Europe avant 1 500 après J.-C. », les botanistes ont ainsi tranché pour cette définition !
Le hêtre commun est indigène en France et en Europe de l’Ouest car sa présence est attestée bien avant 1500. Le maïs, originaire d’Amérique, n’est pas indigène en Europe car introduit après 1500. C’est donc grâce aux introductions, notamment depuis la découverte de l’Amérique, que nos assiettes sont aujourd’hui si bien garnies ! Il en est d’ailleurs ainsi aussi pour la pomme de terre et la tomate.
Entre changement de climat, déforestation, empreinte humaine globale et notre histoire tout simplement, le nombre d’espèces indigènes est réduit et limité à un peu plus d’une vingtaine d’essences en Île-de-France.

Vous avez dit « adaptation » ?
Leur adaptation aux conditions climatiques actuelles et futures est un enjeu majeur mais déjà leur survie est menacée par le réchauffement climatique, avec plus de 70 % des espèces actuelles en risque d’ici 2050 dans notre région. 
Ces espèces ont leur place, mais doivent s’adapter aux conditions actuelles et à venir, ce qui n’est pas gagné faute de temps… L’adaptation exige plus que des décennies ou des siècles, tandis que le rythme actuel du réchauffement, amplifié par les activités humaines, est bien trop rapide et dépasse largement la capacité naturelle d’adaptation des écosystèmes et des sociétés.
D’après diverses études, on constate dans les villes que des espèces allochtones y sont souvent mieux adaptées aux conditions environnementales actuelles et peuvent y rendre des services écosystémiques plus importants que les espèces autochtones.
En diversifiant les essences il est possible d’avoir :
- des périodes de floraison, de fructification différentes et décalées,
- des plantes capables de mieux résister aux sécheresses,
- de favoriser l’attractivité du territoire.
Un pari sur l’avenir !

Notre commune n’a pas attendu 2026 pour se pencher sur la question du choix des plantations. Nous privilégions certaines essences locales qui présentent un comportement compatible avec des périodes de déficit en eau et choisissons également certaines espèces plus méditerranéennes, capables de survivre aux sécheresses et canicules mais aussi à des températures hivernales négatives. Un véritable défi !
Le ginkgo est une essence introduite en France au XVIIe siècle par le botaniste Pétigny, surnommé "arbre aux quarante écus". Différents sujets ont été plantés dans notre commune ces derniers temps.

Nouvelles plantations
Comme chaque année, bulbes et arbres seront mis en place cet automne par nos personnels des services techniques.
Le choix des arbres tiendra compte de ces incertitudes climatiques. En plantant des espèces capables de résister aux conditions futures, la commune anticipe les changements et limite les besoins de remplacement des végétaux. Les résultats des plantations d’aujourd’hui, ici et ailleurs, ne se verront que dans 10, 20 ou 30 ans voire plus.
Cependant, aucune des essences ne pourra survivre à des températures létales, des sécheresses récurrentes et une interdiction d’arrosage, dictée en pleine canicule par les autorités afin de limiter notre consommation d’eau.

La faune, fortement impactée
Les poissons et la faune aquatique ont dû faire face à la disparition des mares et de l’eau des rivières. Les espèces à faible mobilité :  tortues, serpents, jeunes mammifères, grenouilles, etc. ont été fortement impactées.
Les jeunes martinets, hirondelles et autres oiseaux cavernicoles (nichant sous les toitures) sont particulièrement vulnérables aux fortes chaleurs. Hérissons, chauves-souris, écureuils et rapaces ont été retrouvés déshydratés ou épuisés.
Les espèces déjà fragilisées par l’effondrement de la biodiversité sont les plus touchées.
Les associations comme la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) ont alerté sur l’afflux massif d’animaux sauvages en détresse. Les centres de sauvegarde de la faune sauvage font le même constat. En 2026, la situation a empiré, avec des centres saturés et contraints de suspendre temporairement les admissions.
Le centre Faune Alfort en 2026, a déjà accueilli plus de 10 400 animaux sauvages, avec un pic exceptionnel de 1 128 animaux du 22 au 28 juin lors de la canicule.
Notre commune a initié et mené à terme nombre de projets de plantation, de réhabilitation de plusieurs sites, de protection en faveur de la vie animale aquatique et terrestre, de sensibilisation des Arnolphiens au respect de la rivière et des zones humides que nous avons la chance de posséder. Nous pouvons faire plus ensemble. Protéger l’eau, la flore et la faune individuellement et ensemble, grâce à nos actions est une nécessité vitale.

Comment aider la petite faune ?
- Créer des points d’eau artificiels. Les mares, abreuvoirs ou baignoires pour oiseaux peuvent sauver des vies, mais leur entretien est crucial pour éviter la propagation des moustiques et des maladies
- Créer des espaces végétalisés permet aux espèces de se déplacer vers des zones refuges, ainsi que planter des haies bocagères et des arbres capables de résister à la sécheresse
- Éviter de tondre les pelouses en été pour préserver la vie sauvage et bannir les produits chimiques
- Créer des abris naturels, poser des nichoirs et des abris (l’objet du prochain budget participatif écologique de la Région (cf : Éclair n°214), laisser un tas de branches, de feuilles mortes ou de bois mort dans un coin du jardin qui servira d’abri aux hérissons, aux insectes et aux amphibiens, favoriser un petit endroit de pierres sèches, idéal pour les lézards et les insectes, semer des fleurs locales, partager ses actions avec les voisins, amis...
- Limiter les activités en forêt pour réduire les risques d’incendie en période de sécheresse
- Sensibiliser son entourage aux gestes simples de respect et de protection du vivant