22/04/2026

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Le dernier agriculteur que comptait la commune, Jean-Louis Seveau, a engrangé sa dernière récolte la saison dernière au profit d’une retraite bien méritée. Pour autant, les 193 hectares de terre agricole qu’il cultivait sur Saint-Arnoult-en-Yvelines et Sonchamp sont toujours en production, par l’action conjuguée de Mathilde et Pierre-Antoine Roger, deux jeunes agriculteurs.

Âgés respectivement de 31 ans et 38 ans, Mathilde et Pierre-Antoine Roger sont déjà à la tête de 186 hectares en Eure et Loir, à Brezolles. Il s’agit d’ailleurs plutôt de l’exploitation de Pierre-Antoine, puisque Mathilde ne sera officiellement exploitante agricole que courant juin, après l’obtention de son brevet professionnel de Responsable d’Entreprise Agricole (BPREA). Pour autant, Mathilde est déjà officiellement l’exploitante agricole des 193 hectares arnolphiens. Des terres louées à différents propriétaires locaux avec des baux allant de 9 à 18 ans selon les parcelles. Entre formation en cours et gestion de la petite famille, composée aussi de 3 enfants, Pierre-Antoine est donc à l’origine des premiers semis arnolphiens. Mathilde sera à l’œuvre pour la récolte, une fois son diplôme en poche.

Quelles sont les cultures en cours à Saint-Arnoult-en-Yvelines ?
Nous produisons du blé, de l’orge et du colza à destination de la coopérative agricole Île de France Sud, basée à Ablis. Le blé est destiné à devenir de la farine, le colza de l’huile alors que l’orge est un aliment pour le bétail. Pour l’an prochain on envisage la culture du lin à destination cette fois du marché de la semence. Nous alternerons ainsi le jaune du colza avec la couleur bleue de la fleur de lin. Nous contribuerons ainsi à notre manière à agir sur le cadre de vie de la commune.

Quelle agriculture menez-vous ?
Nous sommes en France, on ne peut pas faire n’importe quoi, il y a des règles à respecter et nous les respectons. Nous menons une agriculture raisonnée en total respect des cahiers des charges. Le consommateur peut avoir une totale confiance avec les produits cultivés mais aussi élevés en France. Les mesures sont nombreuses et contrôlées. Ce qui est normal. A contrario, le monde agricole français s’insurge sur les accords de libre-échange mais aussi contre certains produits de nos voisins européens proposés aux consommateurs français. Nos normes sont plus strictes que les normes européennes. Par exemple, si on épand le soir, ce n’est pas pour dissimuler une quelconque opération, mais bel et bien pour protéger les abeilles absentes des fleurs de colza en fin de journée.
Alors que les productions étrangères emploient des produits phytosanitaires interdits en France depuis 15 ans et leurs produits sont importés sur nos étals. Nous incitons les consommateurs à consommer les produits des maraîchers et éleveurs français.

A quels autres défis êtes-vous confrontés pour les années à venir ?
Les aléas climatiques sont de plus en plus nombreux. Entre grêles et sécheresse notre profession est de plus en plus contrainte. Notre travail peut être réduit à néant en l’espace d’une averse ou d’un printemps trop sec. Pour autant, notre métier est une vraie passion. Il contribue à nourrir nos concitoyens. C’est un métier d’extérieur au contact de la nature mais aussi de la population. Il n’est pas rare que les passants et promeneurs nous questionnent sur notre travail. On partage volontiers sur ce que nous faisons.

Mathilde, pour quelle raison avoir choisi le métier d’exploitante agricole ?
Il était important pour nous d’avoir une vie familiale coordonnée, basée sur les mêmes rythmes. Nous avons donc opté pour une vie basée sur les rythmes de la nature, entre semis et récoltes. Ainsi nous allons avoir du temps en commun à consacrer à nos enfants, une fois le travail au champ terminé.

​​​​​​​Vos deux exploitations sont distantes d’une heure de route. Pourquoi ce choix pour Saint-Arnoult-en-Yvelines ?
Il n’est pas aisé de trouver des terres à cultiver surtout sur une telle surface. Ce n’était pas le cas à proximité de l’exploitation de Pierre-Antoine. La famille de Jean-Louis Seveau et celle de mes beaux-parents se connaissent. Cela a facilité la passation. Si les terres sont en location, nous avons aussi racheté le matériel agricole disponible sur place.