22/04/2026

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La mairie de Saint-Arnoult-en-Yvelines avec le concours de la GEMAPI a élaboré un projet de renaturation concernant le lit mineur de la Rémarde au parc de l’Aleu en 2024. Aujourd’hui, la rivière a retrouvé un cours naturel. Reste néanmoins la présence de la renouée asiatique, espèce envahissante, sur une partie des berges du cours d’eau contre laquelle une solution pour enrayer sa prolifération est en expérimentation.

La renouée du Japon, originaire d’Asie, a été introduite en France au 19e siècle pour son caractère ornemental. Elle s’adapte facilement à l’environnement européen et se développe très rapidement grâce à sa reproduction asexuée par marcottage ou bouturage. Elle colonise les milieux ouverts et humides et met en péril la biodiversité locale. Elle fait partie de la liste de la centaine de plantes les plus préoccupantes à l’échelle mondiale.
Pour tenter d’enrayer la prolifération de cette plante à la tige haute, au feuillage large et aux petites fleurs blanches, un protocole combiné de lutte par maillage et semis de graines d’espèces de prairie humide a été mis en place au parc de l’Aleu par la GEMAPI courant mars, avec l’objectif d’affaiblir la plante exotique.

Aucune solution unique
La lutte contre la renouée du Japon repose sur une approche adaptée aux caractéristiques locales (type de sol, proximité d’eaux et densité de la plante), avec différentes combinaisons de méthodes pour augmenter les chances de succès :
- Surveillance continue des foyers.
- Fauche répétitive pour épuiser les rhizomes, surtout dans les zones où l’arrachage manuel est difficile.
- Élimination des résultats de fauche.
- Arrachage manuel efficace dans les premiers foyers, mais limité par la fragmentation des rhizomes.
- Décaissement + replantation : possible dans les zones où la terre contaminée peut être remplacée et où la concurrence est assurée par des espèces locales.
Cette dernière solution est difficile à mettre en œuvre et n’est pas efficace à 100%.

Un nouveau protocole
Une tentative d’enrayer la prolifération de la renouée été mise en place fin mars 2026 par le garde-rivière et le technicien du service GEMAPI de Rambouillet Territoires sur une section de 30 m en rive gauche du lit mineur de la Rémarde.
1/ Pose d’un grillage à fines mailles
Le grillage est posé sur le sol recouvrant complètement la zone ciblée.
Les bords et l’ensemble de la structure sont maintenus avec des agrafes plantées dans le sol pour éviter que le grillage ne se déplace.
La taille des mailles est suffisamment petite pour empêcher la renouée du Japon de grossir, et donc de la cisailler au fur et à mesure de sa pousse. Ce treillis va ainsi perturber la croissance de la plante en limitant l’apport de nutriment, en « l'étranglant ». Les pousses vont ainsi se nécroser aux endroits de contact avec la petite maille du treillis.
La puissance végétative de la renouée lui permet de produire de nouvelles tiges, plus fines et beaucoup moins hautes. Elles sont à leur tour sujettes à la pression engendrée par le grillage. La plante devrait s’épuiser au fil du temps.

2/ Pose d’un treillis en fibre de coco
Afin de rendre au lieu son côté naturel tout en souhaitant concurrencer la plante invasive asiatique, un tapis en fibre de coco et un semis de graines recouvrent le grillage. Ces autres espèces végétales peuvent pousser à travers le maillage. Elles représentent un mélange d’espèces typiques des prairies humides. Certaines devraient prendre place et concurrencer la renouée.

3/ Suivi sur plusieurs années
Pour conclure au succès de cette expérience, il faudra :
- Vérifier régulièrement l’intégrité du grillage (fissures, déformations).
- Poursuivre la surveillance pendant plusieurs années, car la renouée peut rester vivante sous le grillage, jusqu’à ce que ses ressources soient épuisées.
- Surveiller la croissance des espèces concurrentes semées.