25/02/2025

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Une pollution a été décelée au début de l’été 2024 dans le plan d’eau de l’Aleu. Le service GEMAPI* de Rambouillet Territoires a réalisé diverses analyses. Une pollution bactérienne avait été relevée ainsi qu’un taux important d’arsenic. Nous n’avons pas de données antérieures sur la qualité de l’eau de l’étang donc pas de « point zéro ». La pêche avait été interdite par arrêté municipal.

Le 3 juillet 2024, lors d’une réunion de fin de chantier, les agents du service GEMAPI et des représentants de la ville constatent la présence de poissons morts en surface de l’étang de pêche du parc de l’Aleu. On note que toute la population piscicole de l’étang présente des signes d’asphyxie prononcés. En effet, l’ensemble des poissons (toutes espèces et âges confondus) remontent à la surface à la recherche d’oxygène. La présence d’une pellicule blanchâtre à la surface de l’eau est également constatée, sans pour autant que l’eau ne présente d’odeurs caractéristiques.
Les pompiers, la gendarmerie ainsi que la police municipale sont prévenus et se rendent sur place pour constater. Un arrêté municipal est alors pris dans le but d’interdire la pêche.
L’origine de l’alimentation en eau de l’étang n’est pas réellement connue. Elle ne semble pas provenir du bief de la Rémarde mais plutôt d’une résurgence souterraine. Le bief a tout de même été contrôlé et aucune trace de pollution ou de mortalité piscicole n’y a été détectée. De plus, les agents du service GEMAPI se sont rapprochés du service Eau et Assainissement de Rambouillet Territoires pour savoir si un dysfonctionnement sur le réseau avait été signalé. Aucun incident connu aux abords de l’étang n’a été relevé sur le réseau.
Des analyses d’eau ont alors été réalisées en interne. Aucune substance testée (chlore, nitrate, phosphate, sulfate) n’a donné de résultats probants. Seul le taux d’oxygène dans l’eau présentait un niveau anormalement bas, bien en dessous du taux minimum pour la survie de la faune piscicole qui est de 6 mg O2/l. L’explication la plus plausible est donc une pollution bactériologique. En effet, les bactéries présentes en trop grande quantité dans l’eau consomment tout l’oxygène disponible pour proliférer.
Des analyses ont été réalisées en laboratoire par l’entreprise Aqua Mesure le 4 juillet. Les résultats montrent une très grande concentration de bactéries dans l’eau ainsi qu’un taux important d’arsenic (usage industriel et agricole).
Le 4 juillet, le taux d’oxygène dans l’eau était alors de 0,87 mg O2/l, rendant toute vie aquatique impossible. Les analyses effectuées, du fait du trop grand nombre de bactéries à rechercher, ne permettent pas de cibler précisément la ou les bactéries mises en cause, mais les faibles taux d’Escherichia coli. et d’Entérocoques intestinaux permettent d’écarter l’hypothèse d’un dysfonctionnement en provenance du réseau d’assainissement.
Les jours suivants, les agents du service GEMAPI ont effectué une veille de l’étang, retirant les poissons morts et relevant les taux d’oxygène. Le jeudi 4 juillet après-midi le taux était remonté à 1,7 mg O2/l. Le vendredi 5 ce dernier était de 2,8 mg O2/l. Le samedi 6 la situation s’est améliorée ; une palplanche du moine d’évacuation de l’étang avait été retirée afin d’accélérer les transferts d’eau et l’évacuation des bactéries de l’étang. Le lundi 8, le taux d’oxygène était remonté à 6,5 mg O2/l. Il n’y avait plus de poissons morts ni de poissons respirant en surface. Le mardi 9, le taux était de 9,2 mg O2/l, redevenant complètement viable pour la vie piscicole.
Le 30 juillet après deux jours de fortes chaleurs, la quantité d’oxygène a de nouveau chuté dans l’étang. Il semblerait que des bactéries y étaient toujours présentes et ont proliféré avec la chaleur.
Un troisième prélèvement a été réalisé le 10 décembre. Les résultats sont reportés sur le tableau ci-dessous. L’arsenic présente, dans ce dernier prélèvement, un taux inférieur à 0,83 microgrammes/l donc en conformité mais on note la présence de bactéries coliformes, à un taux élevé, toujours d’actualité. L’origine des contaminations n’a pas été clairement trouvée, cependant la conjugaison de l’arsenic en quantité avec la prolifération des bactéries reste un fait avéré et une piste de travail.

4 fois le taux normal d’Arsenic
Un taux d'arsenic dans l'eau de l'étang quatre fois plus élevé que la norme peut présenter plusieurs dangers pour la santé humaine, animale ainsi que pour l'environnement. L'arsenic est un cancérigène connu et un poison puissant, même à des concentrations relativement faibles. Il est aussi néfaste pour de nombreuses espèces aquatiques et affecte l’écosystème local.
L'arsenic dans l'eau peut provenir de sources naturelles, mais il est souvent apporté par des activités humaines telles que l'exploitation minière, l'agriculture, l'industrie et la gestion inappropriée des déchets. 
L'arsenic peut se retrouver dans un étang par plusieurs sources : infiltration d’eau souterraine contaminée, présence de bactéries réductrices de l’arsenic vers une forme soluble et toxique, pollution industrielle par ruissellement ou contamination des nappes par infiltration ou ruissellement des eaux de pluie dans le cas d’implantation d’industries proches (usines métallurgiques, usines de production de semiconducteurs, sites de fabrication de produits chimiques), ou d’utilisation proche de pesticides, herbicides, engrais phosphatés contenant de l’arsenic.

Bactéries coliformes
La présence de bactéries coliformes dans l'eau d'un étang provient principalement de la contamination fécale animale ou humaine : eaux de ruissellement agricole, système d’assainissement ou rejet d’eaux non traitées ;  ces deux derniers sujets ont été soumis au syndicat des eaux et l’hypothèse d’un dysfonctionnement en provenance du réseau d’assainissement avait été écartée. 
Si les eaux sont contaminées non seulement par des bactéries mais aussi par d'autres polluants ou toxines (comme des métaux lourds), il y a un risque de bioaccumulation de ces substances dans les poissons notamment dans les poissons carnassiers comme les brochets. La consommation de ces poissons peut entraîner des problèmes de santé à long terme, comme des troubles neurologiques ou des cancers. Il est donc préconisé de ne pas les consommer.

Les préconisations prises pour l’étang de pêche de l’Aleu
- La surveillance 1 à 2 fois par an des paramètres déjà étudiés, en particulier arsenic et bactéries coliformes
- La pêche autorisée mais avec relâcher des poissons (no kill) et non-consommation des poissons et autres animaux de l’étang
- Augmenter l’oxygénation de l’étang avec un système d’aération qui pourra favoriser la dégradation des matières organiques par les micro-organismes et réduire la présence des bactéries coliformes.

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Malgré leurs rôles indispensables à la vie de nombreuses espèces, d’écréteur de crue, de filtration et d’amélioration de la qualité de l’eau, les zones humides se raréfient en Île-de-France. Ce sont des espaces fragiles menacés par l'urbanisation, l'intensification de l’agriculture ou les pollutions. Nous devons veiller à :
- Les maintenir dans un bon état de fonctionnement et de conservation
- Améliorer la valeur écologique de notre patrimoine “EAU“ en qualité
- Restaurer la qualité de la végétation, en particulier celles des berges
- Préserver les populations animales et végétales indigènes inféodées

L’eau : une ressource vitale à protéger
Les rivières, les lacs, les étangs, les mares, les zones humides sont des trésors que nous devons protéger car ils abritent une vie incroyablement riche et nous offrent des moments de détente et de loisirs. Ils participent aussi à l’amélioration de la qualité de l’eau par filtration naturelle, à la diminution de l’intensité des crues par stockage de l’eau et ils rechargent les nappes en saison plus sèche permettant la fourniture d’eau potable au citoyen.
La pollution et les comportements négligents mettent en danger ces écosystèmes. Si notre agriculture, nos industries ont encore beaucoup d’efforts à fournir pour réduire la consommation d’eau ou maintenir une eau de qualité, chacun d’entre nous a un rôle à jouer dans son quotidien.
Rejeter moins de produits polluants dans l’eau en limitant l’utilisation de produits d’entretien, produits chimiques, engrais, pesticides… 
Que ce soit pour la maison ou le jardin, il existe de nombreuses alternatives naturelles plus respectueuses de notre environnement donc de notre santé. 
Tout ce qui est jeté dans nos éviers, lavabos, toilettes et canalisations est traité par la station d’épuration puis rejeté dans la rivière. Certaines substances ne peuvent pas être traitées à 100% et représentent des dangers qui s’accumulent. 
Ce qui est jeté dans les caniveaux termine sa course dans la rivière puis dans la mer : les mégots, extrêmement polluants en sont un exemple flagrant, sans oublier ce qui est déversé directement dans la rivière sans état d’âme.
Les déchets organiques, plastiques, métalliques ont un impact direct sur la santé des milieux aquatiques.

Les gestes citoyens :
- Ne rien jeter sans un tri domestique efficace et placer ses déchets dans une poubelle publique ou son mégot dans un cendrier 
- Ne pas jeter dans les éviers ou toilettes ou les réseaux d’eau pluviale les huiles ménagères ou de vidange, peintures, lingettes, médicaments… Réduire les doses de détergents et privilégier vinaigre blanc et savon noir
- Jardiner en utilisant des produits biologiques
- Ramasser les déchets lors des déplacements seul, en balade avec des amis, en groupes, en particulier sur les rives, berges et autour des zones humides. 
- Ne pas nourrir les animaux sauvages dans les milieux aquatiques, forestiers ou en zones naturelles, avec des aliments la plupart du temps non adaptés qui perturbent leur recherche normale de nourriture, nuisent à leur santé et polluent l’eau.
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