26/04/2023

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La nature nous joue parfois des tours. Le mois dernier l’Éclair relatait la crainte des Arnolphiens en 1783 de voir le ciel leur tomber sur la tête. Aujourd’hui, découvrons la raison de ce ciel voilé et rougeâtre.

Bien avant les phénomènes du 15 juin 1783 visibles à Saint-Arnoult-en-Yvelines, le Laki, volcan islandais, explosa propageant à 15 kilomètres d’altitude de la lave basaltique. L’épanchement de gaz, dont 8 millions de tonnes de fluor et 120 millions de tonnes de dioxyde de soufre, donna naissance, à travers l’Europe, à ce qui est connu sous le nom de « brouillard de Laki ». 

L’évènement de 1783 est classé au niveau 4 de l’échelle « d’explosivité volcanique » et les huit mois d’émissions de gaz sulfurique provoquèrent une de plus importantes perturbations climatiques et sociales de l’Europe, principalement en France. Cela contribua de manière significative à la pauvreté et à la famine qui furent les principales causes de la révolution de 1789. 

Le phénomène a disparu définitivement le 7 février 1784 et l’abbé Coudray a ainsi pu rassurer ses paroissiens qui rentrèrent chez eux. 
La fin du monde n’était pas pour maintenant.

Source : Ouvrages de la Société Historique et Archéologique de Saint-Arnoult-en-Yvelines.


Vous souvenez-vous du volcan  Eyjafjallajökull ?
La chaîne de volcans à laquelle est rattaché le Laki est la même que celle qui s’est réveillée les 20 mars et 14 avril 2010, clouant au sol tous les avions du nord de l’Europe. Il s’agissait de l’éruption du Eyjafjallajökull. À l’époque, cette explosion volcanique avait été qualifiée « d’inédite ». Mais un précédent avait pourtant bien existé en 1783. Fort heureusement pour nous, les conséquences sanitaires du Laki sont restées inédites. Les sondages démographiques effectués en France entre 1784 et 1789 démontrent un pic de mortalité en hausse de 30 à 40% sous l’effet nocif du nuage de poussière.